Hit the road

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Le film qui m’a plu

J’aime me retrouver dans ces salles obscures, avec des inconnus venus comme moi découvrir ou parfois revoir un film. Dès que l’écran s’allume la magie opère. Passons les publicités, voici l’annonce des films à venir, avec quelques plans propres à susciter le désir. « Cela a l’air pas mal, il ne faudra pas le manquer ! » Et voilà l’addiction mise en place.

Ce mois-ci, j’ai bien aimé Hit the road de Panah Panahi (oui, c’est le fils de Jafar Panahi dont vous avez peut-être vu Taxi Téhéran). Une famille de quatre personnes roule à travers des étendues quasi désertiques. On leur a prêté la voiture et ils ont hypothéqué leur maison. C’est le fils aîné qui conduit. Le père a une jambe dans le plâtre. Il a un air un peu sombre. La mère a l’air soucieuse également, mais ni l’un ni l’autre ne veut le montrer pour ne pas casser le moral de leur aîné. En effet celui-ci arrive à l’âge de décider de sa vie et va prendre son indépendance. Ses parents soutiennent son projet, quoiqu’avec inquiétude : il part pour la Turquie, clandestinement. Pour quelle raison ? Cela n’est pas dit, donc libre à nous d’imaginer. Ils le conduisent vers le lieu de son contact. Ils veulent protéger le petit frère qui n’est au courant de rien. Il est la joie de vivre en personne et s’enthousiasme devant tout ! Il pose sans cesse des questions, car cette expédition qui le réjouit, l’intrigue en même temps. Divers incidents surviennent, on frémit parfois, on sourit aussi.

Ce que j’ai aimé, c’est l’atmosphère chaleureuse, la complicité entre les parents, la tendresse de la mère pour ses enfants, la relation que le père a avec chacun de ses deux fils. Des scènes magnifiques, dans lesquelles l’humour côtoie l’émotion. La peine et la joie font toutes deux partie de la vie. Je ressens, malgré les circonstances qui ne sont pas précisées mais que l’on devine difficiles, une impression de bonheur.

Roseline Cayla

Hit the road, 1h33, drame, de Panah Panahi, avec Hassan Madjooni, Pantea Panahiha et Rayan Sarlak