Ah ces sondages !

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L’ÉDITO DE LA RÉDACTRICE

© Mirko Grisendi de Pixabay

Nous venons de vivre plusieurs semaines immergés dans l’élection présidentielle. Et ce n’est pas fini… les élections législatives vont occuper encore plus d’un mois la scène médiatique. Beaucoup de suspens, enfin pas vraiment, merci les sondages ! Et à la sortie des satisfaits, des mécontents et… des abstentionnistes.

Et je me pose une question : pourquoi réaliser des sondages jusqu’à l’avant-veille d’une élection ? Car il ne faut pas se voiler la face, les sondages ont obligatoirement une influence sur les électeurs. Les abstentionnistes blasés se disent : « C’est plié, pas la peine de voter », les votes utiles (en tout cas pour le premier tour) : « Pas la peine de voter pour lui, de toute façon, il n’aura jamais assez de voix pour passer le premier tour », alors que leur conviction leur souffle de voter pour un autre candidat. Quel dommage !
Et finalement, le round final départage les candidats grâce à ceux qui ont voté, non pas par conviction, mais « pour faire barrage à l’autre », car les sondages leur ont dit que c’était inévitable alors.
Il y a bien sûr un moyen de ne pas être influencé·e : ne plus écouter les médias quand on a fait son propre choix. Mais vous conviendrez que pour une rédactrice en chef d’un journal, je ne peux pas vous encourager dans cette voie.
Alors, faisons fi de ce que pensent les autres. En tant que protestants, cela fait d’ailleurs belle lurette que nous y sommes habitués, non ?

Élisabeth Renaud