Notre-Dame brûle, entre réalité et fiction

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Si vous ne savez pas quoi faire le week-end prochain, à part aller au culte évidemment, je vous conseille le tout dernier film de Jean-Jacques Annaud : Notre-Dame Brûle.

© Capture d’écran

Souvenez-vous, le 15 avril 2019, en fin de soirée, nous découvrions avec stupeur des images de Notre-Dame de Paris en proie aux flammes. Trois ans plus tard, le réalisateur Jean-Jacques Annaud a mis en images ce drame qui, grâce aux pompiers de Paris, ne s’est pas terminé par l’effondrement de l’édifice.

Des sueurs froides

Entre images réelles de vidéo amateurs et scènes filmées, le suspens laisse le spectateur en haleine durant 1 heure 50. On fulmine dans le camion des pompiers coincé dans les embouteillages, on s’insurge contre le policier qui ne veut pas laisser passer le régisseur, pourtant le seul à avoir la clé du coffre renfermant l’AUTHENTIQUE couronne d’épines du Christ (tiens, je ne le savais pas). On apprend au passage qu’elle a coûté une fortune à la France lorsque Saint Louis en a fait l’acquisition en 1239. On a des sueurs froides lorsque des hommes du feu grimpent au sommet de la cathédrale devant un brasier dépassant les 1000 degrés et lorsqu’un jeune pompier s’installe à califourchon sur une poutre, une lance à la main. On sourit aussi lorsqu’un prêtre se fait interpeler par un pompier dans la cathédrale en feu. Il est venu sauver les hosties bénies de la messe interrompue. Le pompier s’excuse et le prêtre le bénit. On est également ému lorsque l’on voit une larme sur la joue d’un autre pompier perché à 200 mètres de hauteur écoutant des Parisiens chanter des chants religieux.

Un travail minutieux de reconstitution

Si les scènes d’incendie ont été réalisées en studio, avec la nef de Notre-Dame reconstituée à l’échelle réelle et enflammée pour de vrai, les intérieurs de la cathédrale ont été tournés dans les cathédrales de Bourges (Cher) et de Sens (Yonne) principalement, mais aussi d’Amiens (Somme) et de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

De vrais pompiers, de vrais prêtres – la berruyère que je suis en reconnaît un sur l’écran – et aussi de vrais acteurs tels que Samuel Labarthe, Jean-Paul Bordes ou Mickaël Chirinian, jouent dans ce long métrage digne d’un film hollywoodien à la Française. Mais que l’on ne s’y méprenne pas, le film, s’il est spectaculaire, est aussi le fruit d’un travail minutieux de reconstitution du drame heure par heure. « Ce film ressemble à un film de fiction puisque tout a été quasiment reconstitué, mais à partir d’éléments véridiques », a confié le cinéaste au micro de France Bleu Auxerre.

Et que l’on se rassure, la couronne d’épines a été sauvée tout comme un morceau de la croix, un clou de la Passion ainsi que la statue de la Vierge restée miraculeusement intacte au cœur du brasier.

Élisabeth Renaud