Haïti, le protestantisme en grève contre la violence

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En dépit des dégâts liés au dernier séisme et aggravés par la saison des cyclones, le pire problème auquel Haïti est confronté aujourd’hui reste l’insécurité. Les Églises membres de la Fédération protestante d’Haïti (FPH) ont multiplié les protestations contre la violence, début octobre.

La première église baptiste de Port-au-Prince © Koze Kretyen

Il s’appelait Sylner Lafaille ; il avait 60 ans, il était diacre. Il est mort le dimanche 26 septembre 2021, vers les sept heures du matin, sur le seuil de la première Église baptiste de Port-au-Prince où devait commencer la célébration du premier office, en s’interposant pour empêcher l’enlèvement de son épouse, Marie-Marthe Laurent-Lafaille. Cette nouvelle attaque en plein lieu de culte a suscité une émotion profonde au sein du protestantisme haïtien. Non que les rapts contre rançon soient rares. Ils sont au contraire devenus une vraie source de financement pour les gangs armés qui contrôlent des quartiers entiers de la capitale. Mais la mort de Sylner Lafaille à la porte de cette église emblématique, dans le quartier censé être le lieu le plus protégé du pays, montre aux yeux de beaucoup d’Haïtiens que la sécurité n’est plus garantie où que ce soit, ni pour qui que ce soit. 

Protester en signe de deuil

Pour dénoncer le meurtre du diacre Lafaille et cette insécurité que rien ne semble devoir diminuer, et qui n’a en rien décru depuis la mort du président Jovenel Moïse, la Fédération protestante d’Haïti (FPH) a organisé une journée de grève le vendredi 1er octobre. Lors de ce mouvement prévu dans les 10 départements du pays, les activités ont été paralysées dans toutes les institutions protestantes, notamment les écoles et universités. Et le dimanche 3 octobre, les protestants haïtiens ont été appelés à s’habiller en noir et blanc en signe de deuil, les autres confessions religieuses et tous les secteurs de la vie économique et sociale étant invités à se joindre au mouvement. 

Mettre fin à la terreur

Avant cet appel à la grève, la Conférence des pasteurs haïtiens avait déjà demandé au gouvernement et aux autorités de mettre fin à ces actes qui sèment la terreur au sein de la population haïtienne. Et au-delà du milieu des Églises, plusieurs syndicats des transports et de la sous-traitance ont également appelé à la grève générale le lundi 4 octobre pour dénoncer les kidnappings et la violence des groupes armés.

 Défap, service protestant de mission

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