Un projet à double sens

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Concert de soutien pour les victimes des incendies en Kabylie – Temple protestant de La Roche-sur-Yon © Jacques Hostetter

Une Église, un pasteur, un projet – 24*

Depuis quelques années, le pasteur Jacques Hostetter et les paroissiens de l’Église protestante unie de la Vendée-Ouest mènent à La Roche-sur-Yon un projet d’ouverture sur la ville. Ce projet est à double sens : ouvrir le temple et sortir du temple.

Jacques Hostetter © Fr. Silverberg

Le temple est bien placé, au centre-ville, plusieurs associations et artistes sont en recherche de lieux d’accueil, alors cela a été aisé de proposer des locaux, pour toutes sortes de manifestations, concerts, conférences, expositions diverses : sculptures, peintures, photographies ; mais aussi des permanences pour l’aide alimentaire, la Cimade, l’ACAT, l’Église Verte.

 Une ouverture tous azimuts

L’Église protestante unie a ouvert son temple à tout ce qui se passe dans la cité. Une démarche d’ouverture qui implique non seulement le prêt de salles mais aussi l’accueil et l’aide matérielle et humaine. Les exemples sont multiples. L’association « Asam dignité », distribue des colis alimentaires dans la salle annexe et le jardin tous les samedis. Quand il fait mauvais, c’est dans le temple que se fait la distribution. Pour aider les artistes à exposer leurs œuvres, un système d’accrochage est installé à demeure dans le temple et des petites mains sont là pour aider.
Quant à l’amitié interreligieuse, elle n’est pas en reste. Cette année, le temple des Sables-d’Olonne, qui appartient lui aussi à l’Église de Vendée-Ouest, a ouvert ses portes à la communauté juive afin qu’elle puisse célébrer Yom Kippour.

Une présence dans la cité

C’est à partir d’une réflexion sur Actes 17, la rencontre de Paul avec les Athéniens, que s’est réfléchi ce projet. Jacques Hostetter nous explique : « Qu’est-ce que peut bien vouloir dire ce radoteur, disent les Athéniens en parlant de Paul. Je trouve cette formule amusante. C’est vrai qu’on parle quelquefois un langage incompréhensible, qu’on est cantonné dans une façon d’être et de parler, on a un patois entre nous, et ce n’est pas forcément attirant pour entrer dans le message novateur de Jésus-Christ.  Alors que quand on rencontre les personnes sur leurs lieux de vie, nous partageons de nombreuses valeurs comme la justice, le partage, le pardon, la paix qui ont leur racine dans le message judéo-chrétien. Dans un second temps, on peut dire publiquement que si nous agissons ainsi c’est parce que nous avons ce préalable de notre foi en Jésus-Christ. Cela vient plus progressivement que par une prédication un peu abrupte que la personne doit venir écouter. Ici le message est direct ». 

Des projets qui se suivent

La semaine prochaine, la communauté va participer à la course La Joséphine, en soutien à la lutte contre le cancer du sein. Les paroissiens vont forcément entrer en contact avec des personnes présentes à qui elles pourront expliquer les valeurs communes qui les animent : volonté de soulager, de mieux gérer, de soigner et d’accompagner les personnes malades. « On est dans un bon créneau, dit le pasteur. Nous sommes avec la population et on ne les oblige pas à entrer dans le temple. Nous nous ouvrons à eux et nous allons au dehors ».

Les projets se suivent. En ce moment, le temple de La Roche-sur-Yon accueille des artistes photographes sur le thème de l’écoulement du temps. Deux paroissiens sont en charge d’une présentation sur une période de la Réforme qui circulera entre les temples de la région. Et, dès la fin novembre, l’Église exposera des crèches de plusieurs pays et ouvrira ses portes à la pastorale des « Santons de Provence », dans le cadre des festivités de Noël de la ville.

 Claudie de Turckheim

* Cet article est le vingt-quatrième de la série « Une Église, un pasteur, un projet ». Lire le précédent : « Une Église qui sort de ses murs ». Pour cette année, la série s’arrête avec cet article, elle reprendra l’année prochaine.