Balade en pays protestant

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Le musée protestant de Ferrières © Geneviève Calladine

Une lectrice nous raconte son périple au-delà de notre région, dans le sud-est où s’affichent encore des traces de l’histoire protestante.

Sur la route des vacances, nous quittons Villefavard en Limousin, son temple bien connu et sa petite église du XIXe siècle, pour nous rendre dans le sud-est du Tarn.

Un musée consacré au fait religieux et à la laïcité

Nous voilà près de Castres, au lieu-dit Lagarrigue, très exactement dans la région du Sidobre. Cette avancée austère et très boisée du Massif central fut aussi jadis le lieu du développement du protestantisme, à travers une longue résistance des XVIIe et XVIIIe siècles.

Le Musée protestant de Ferrières en est le témoignage. Ce bâtiment moderne, rebâti en 2010, trône un peu à l’écart du village. Fondé en 1968, musée de France depuis 2003, le musée de Ferrières dans le Tarn et plus largement dans le Sud-Ouest est le premier en France consacré au fait religieux et à la laïcité à partir de l’histoire du protestantisme français (le pasteur Calladine, mon père, lui a légué ses prédications).

Le temple de Vabre © Geneviève Calladine

Un ancrage historique

À quelques kilomètres de là, le petit bourg de Vabre manifeste son ancrage historique : il possède un temple imposant. Celui-ci toujours en fonction, appartient à l’Église protestante unie de la Montagne du Tarn. Nous faisons halte dans le bourg : pas un café ouvert, pas la moindre petite épicerie ! Austérité protestante ou conséquences de la crise sanitaire ?
Par une longue route tortueuse, nous redescendons vers Burlats, petit bourg touristique aux monuments imposants, allant des ruines du Moyen Âge à des bâtisses Renaissance.Nous changeons aussi de décor, alors que nous sommes seulement à 9 km de Castres.

 

De nombreuses traces de l’histoire protestante

Le calvaire géant de Burlats © Geneviève Calladine

La « reconquête » catholique du territoire y bat son plein, comme en témoigne un somptueux calvaire, reconstruit en 1879 sur les ruines d’un plus ancien. Cet ensemble complet représente Marie et Jean auprès du Christ, ainsi que les deux larrons. Spectaculaire et sans doute efficace.

De retour à Castres, nous découvrons les nombreuses traces de l’histoire protestante qui s’affichent encore. Le temple, monumental, est l’ancienne chapelle du couvent des capucins, du XVIIe. Il a été affecté aux protestants après la Révolution.
Sur les bords de l’Agout, en centre-ville, l’architecture 1930 du cinéma le Lido nous rapproche de notre temps : on y demande le pass sanitaire.

Geneviève Calladine