Le Musée protestant

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De nombreux musées aujourd’hui offrent des parcours virtuels de leurs collections, mais il en est un, initié par la fondation Eugène-Bersier, qui n’est visible que sur internet. C’est le Musée protestant, source importante d’information et de connaissances.

La fondation Eugène-Bersier (du nom du premier pasteur du temple parisien de l’Étoile, avenue de la Grande-Armée) est spécialisée dans l’audiovisuel protestant depuis 1983. Au départ, il s’agissait surtout de donner des outils aux paroisses disséminées, notamment pour la catéchèse. Avec l’apparition et le développement d’internet, la Fondation s’est diversifiée autour de quatre pôles d’information et de communication, dont le Musée protestant.

Le pasteur Eugène Bersier, fondateur du temple de l’Étoile, a donné son nom à la fondation qui a créé le Musée protestant © Domaine public

Des sujets variés

Le site internet se présente plutôt comme un musée d’histoire avec de multiples entrées, mais ne se prétend pas exhaustif pour autant. Certaines notices sont très détaillées, comme celle sur les chapelles d’ambassade (Suède et Danemark), qui ont accueilli les luthériens de Paris au XVIIIe siècle. D’autres sont lacunaires, comme celle sur le temple de Bordeaux, où un bref paragraphe ne fait qu’évoquer l’édifice d’abord construit à Bègles. Enfin certaines entrées sont étonnamment absentes : dans les « Parcours », sous l’onglet « Le rôle des femmes dans le protestantisme », si l’on trouve une note consacrée à Marguerite d’Angoulême (qui n’était pas protestante), sa fille Jeanne d’Albret n’est mentionnée qu’en passant, comme mère du futur Henri IV ! Pour la trouver, il faut aller sous l’onglet « Personnalités », où le lecteur trouvera un paragraphe bien insuffisant pour étancher sa curiosité.

Il ne s’agit pas, cependant, de se montrer trop critique, mais au contraire de louer l’effort considérable qui consiste à ordonner et rassembler, puis mettre en ligne tout un ensemble de documents, dates, biographies avec pas moins de 2490 images mises en ligne, ce qui représente un tour de force. Les documents prêtés proviennent d’horizons divers, dont la SHPF (Société d’histoire du protestantisme) qui est naturellement une interlocutrice privilégiée.

Des publics divers

Les contributeurs au site souhaitent présenter la spécificité du protestantisme français à travers son histoire, celle des Hommes comme celle des idées. Nombre d’entre eux sont bénévoles et s’attachent à une présentation simple et esthétique, à l’attention d’un public désireux d’en savoir plus sur le protestantisme. Cela peut concerner de simples curieux ou sympathisants, mais aussi une personne qui cherche un renseignement précis, des catéchètes souhaitant donner une présentation claire d’un sujet donné… On trouve aussi en ligne le parcours d’expositions qui ont été bien réelles et qui ont tourné dans toute la France avant de vivre une nouvelle fois sur internet. Citons par exemple « Les aumôniers protestants pendant la Grande Guerre », « Henri IV » ou encore « La guerre des Camisards ».

La rubrique « Art et patrimoine » est particulièrement consacrée aux temples, leur architecture et leur mobilier. Des parcours sur le thème de la naissance du protestantisme sont également proposés, aux collégiens notamment. Un chapitre « Personnalités », classé par siècle et par ordre alphabétique, est très fourni et montrera, s’il est besoin, combien de protestants ont contribué au développement de l’Église, des arts, des sciences ou de la politique en France.

Avec le musée, la Fondation gère aussi un Campus (contenus vidéos de culture et théologie), un Forum (plateforme d’échange d’idées et de réflexion), sans oublier Regards protestants, une compilation bihebdomadaire de tous les articles ou blogs publiés dans la sphère protestante qui ont retenu leur attention. Le tout rend optimiste sur la vivacité et la pluralité du protestantisme français.

Anne-Marie Balenbois

Site du Musée protestant