Rennes, une terre de mission

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Culte dans le temple de Rennes © Jean Pierre Nzingoula

Une Église, un pasteur, un projet – 10*

La Bretagne a vu fleurir ces dernières années plusieurs projets d’évangélisation : Pontivy, Saint-Nazaire, bientôt Laval. Un bouillonnement, une nébuleuse qui n’ont pas laissé indifférents l’Église protestante unie de Rennes et son pasteur Olivier Pütz.

Olivier Pütz @ DR

Rennes est une ville de 300 000 habitants, en pleine expansion : mille cinq cents personnes arrivent chaque année, essentiellement des cadres venant de la région parisienne. « Notre communauté est rayonnante, dit le pasteur, et les forces vives arrivent à la faire vivre. Mais dès 2017, nous avons pensé à une personne qui se consacrerait exclusivement à l’évangélisation et qui essaierait d’annoncer l’Évangile à de nouveaux publics, dans des lieux autres. »

De la concertation

Le diagnostic posé, tout restait à faire : bâtir un projet, trouver les moyens, chercher la bonne personne. « On a commencé par le commencement, se mettre autour d’une table et se poser la question : est-ce que c’est ça que Dieu attend ? Puis on s’est autorisé à rêver. »
Une petite équipe a rédigé un premier projet, puis le Conseil presbytéral s’est exprimé par l’intermédiaire de panneaux où les personnes pouvaient écrire, par la tenue de petits ateliers, par une rencontre d’un après-midi pour discerner et mûrir le projet ensemble. À la suite de cela, celui-ci a été revu et représenté au Conseil.
Une question a beaucoup occupé le Conseil : est-ce qu’on veut un essaimage où quelques personnes entourent le missionnaire et fondent une autre Église, ou est-ce qu’on développe une relation nouvelle entre nos Églises. L’essaimage, c’était la position du pasteur. Mais il faut dire que l’atout de l’Église, c’est d’avoir des locaux fantastiques et situés au centre-ville.

À la réalisation

Il a donc été décidé de réfléchir à un projet autonome et en même temps complètement adossé à la paroisse. « Cela signifie, précise Olivier Pütz, que si la personne a besoin de salles, elle en a, et que si elle estime que les gens ne sont pas matures pour rentrer dans une Église et ne peuvent pas franchir le pas, on trouvera des salles, on louera un appartement qui soit assez grand pour accueillir. Notre Église est la base arrière, on propose mais c’est le missionnaire qui choisira dans quelle direction il souhaitera aller. »
Les retours d’expériences de Matt Riley à Pontivy et d’Éric Perrier à Saint-Nazaire sont bien utiles au comité d’accompagnement qui s’investit dans la mise en place de ce projet. Grâce à l’engagement de tous, au financement de l’association FLAM (Foi, Lumière, Action, Ministères) et un legs donné à l’Église, un nouveau pasteur va arriver en juillet, et le rêve devenir réalité.
Et c’est sur ces mots du pasteur Olivier Pütz que nous concluons l’entretien : « Chaque dimanche, dans la prière d’intercession, on a présenté ce projet à Dieu. Nous voulions qu’il soit inscrit dans une démarche spirituelle. C’est la prière des paroissiens qui nous portait, pas seulement une pédagogie de projets. »

Claudie de Turckheim

* Cet article est le dixième de la série « Une Église, un pasteur, un projet ». Lire le précédent « Faire Église ensemble ».