Conduit au Désert

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© Monica Volpin de Pixabay

« Je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur » (Osée 2.16b).

« Jésus venant d’être baptisé, aussitôt l’Esprit le pousse au désert et, dans le désert, il resta quarante jours, tenté par Satan. Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ; il disait : – Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Marc 1.12-15).

Cette question du Désert est pour moi fondamentale, surtout dans ces temps d’épreuves, notamment pour celles et ceux que la pandémie actuelle isole et donc « conduit au désert », à une solitude forcée et parfois désespérée.

Un lieu de ressourcement

Nous sommes aussi dans un temps de turbulences économiques, géopolitiques et climatiques… et pour de plus en plus de nos contemporains, il semble même qu’il n’y ait plus de perspectives, que le futur soit bouché pour notre humanité, ballottée comme fétu de paille au grand vent de l’histoire. Ainsi, pour les prophètes de malheur de toute sorte, la fin de l’homme est proche et avec, la mort de Celui dont il a été le plus beau projet : Dieu. Car, l’homme, par son action sur son environnement, a créé le désert autour de lui et en lui. Et ce désert ronge les champs, assèche les sources, comme peu à peu il dessèche son cœur. Mais dans la Bible, le désert ce n’est pas seulement cette désertification extérieure ou intérieure, cette lente agonie de la vie, le lieu d’exil de l’espérance… c’est au contraire le Lieu d’origine de la Parole, du dévoilement du Nom de Dieu, et surtout un lieu de ressourcement et de purification pour son peuple en marche.

L’annonce d’une espérance nouvelle

Ce temps de désert, de carême dira-t-on aujourd’hui, c’est aussi pour Jésus le Christ quarante jours de jeûne et de prière ; mais pour le prophète Osée c’est l’annonce d’une Espérance nouvelle, du renouvellement de cette Alliance avec Dieu qu’avaient brisée les hommes. En effet, le peuple ici égaré par les idoles du monde, va être renvoyé au désert pour y retrouver les voies/voix du Seigneur. Je rappelle aussi que c’est dans la période dite du « Désert », que les protestants français ont jadis pu tenir ferme dans la Foi… par l’écoute de l’Évangile. Enfin, si Dieu parle au Désert, cela veut dire que pour l’entendre il faut accepter de faire parfois le vide en nous, de faire silence, de s’exiler loin de nos attaches matérielles, intellectuelles, mondaines et… ecclésiales. Car la Parole de Dieu n’a pas besoin de lieux particuliers – comme les temples et les églises -, pour se dire, ni de rites et de doctrines, pour vivre ! À l’image du Christ, elle est Voie, Vérité, Vie… comme le Tao du « vieux Maître ». Aussi, aujourd’hui, dans nos vies d’Église, recentrons-nous sur l’essentiel : la Prédication, la Prière, le Pardon et le Partage.

Pasteur Luc Serrano