C’est quoi le Mercredi des Cendres ?

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Peut-être avez-vous déjà croisé le Mercredi des Cendres, lendemain de Mardi gras, des personnes qui portaient sur le front une croix grisâtre, dessinée de cendres ? Cette année, le Mercredi des Cendres a lieu le 17 février, 40 jours avant Pâques. Il se situe chaque année entre le 4 février et le 10 mars.

Répandre des cendres sur les fidèles en signe de deuil et de repentance est une tradition qui a existé dans de nombreuses cultures, dans l’Égypte ancienne, en Arabie et dans la Grèce antique.

Une tradition ancienne

La symbolique des Cendres dans l’Ancien Testament évoque la représentation du péché et la fragilité de l’être. Quand l’Homme se recouvre de cendres et/ou s’assoit dans des cendres comme Job le fit, il veut montrer à Dieu qu’il reconnaît ses fautes, demande le pardon et fait pénitence. Dans la Rome chrétienne, la tradition remonte au VIIIe siècle, les pénitents au premier jour du Carême se recouvrent la tête de cendres et, vêtus d’un habit de grosse toile, sont isolés de la communauté jusqu’au Jeudi saint. Puis cette coutume tombe en désuétude mais l’Église catholique conserve le rite de l’imposition des cendres sur le front. « De la poussière tu es venu et poussière tu deviendras. » (Gen 3.19) ou « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Marc 1.15), dit le prêtre en traçant une croix sur le front du fidèle. Les cendres proviennent de rameaux bénis du Dimanche des Rameaux de l’année précédente, qui ont été brûlés. Le feu évoque le feu de l’Amour qui réduit en cendres tout ce qui est péché. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les catholiques ont supprimé le jeûne du Carême, mais conservent deux jours de jeûne, le Mercredi des Cendres et le Vendredi saint.

Qui perdure…

Le Mercredi des Cendres pourrait ne pas faire partie de la tradition protestante. Luther n’en a rien dit, Calvin n’en a pas trouvé trace dans la Bible et ne l’a pas retenu. Cependant il est fêté par les anglicans, les méthodistes, quelques baptistes et les luthériens allemands et français. Pour les luthériens, le Mercredi des Cendres ouvre un nouveau temps liturgique, le Carême, une période pour « cheminer » vers Pâques et la Résurrection, victoire du Seigneur sur le péché, à l’image du Christ dans le désert, et pour montrer la solidarité avec les plus démunis. Ce sont les actions de Carême, « Au près » et « Au loin ». Quant aux réformés, ils organisent des « Conférences de Carême » diffusées par France Culture, permettant de se recentrer sur la Parole.

En particulier chez les luthériens

Aujourd’hui dans l’EPUdF (Église protestante unie de France) les actions d’entraide se mêlent à la réflexion car réformés et luthériens travaillent ensemble. Cependant, les luthériens ont un culte des Cendres, qui « perpétue le calendrier de l’Église ancienne, n’est pas une tradition luthérienne mais une redécouverte au XXsiècle d’une tradition de l’Église ancienne », explique l’Inspecteur ecclésiastique, Laza Nomenjanahary. D’autre part, un service particulier a été institué dans les années 1980 par l’Inspection de Paris : un culte régional et le lancement d’une « action de Carême » avec l’imposition des Cendres. La célébration devrait avoir lieu aussi dans les paroisses. Le « Mercredi des Cendres » est un commencement, un départ. La célébration des Cendres est le signe d’un désir de changer de vie, de revenir à Dieu et de vivre « les deux commandements les plus grands » dit le Christ, « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force… et tu aimeras ton prochain comme toi-même » Marc 12.30-31.

Catherine Robert