Allô pasteur ?

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Le premier confinement, avec l’interdiction des cultes et de tous les rassemblements, a inspiré à notre pasteur, Nicolas Geoffroy, une idée toute simple mais qui a vite recueilli l’adhésion de ceux qui fréquentaient d’ordinaire le temple, mais aussi de ceux qu’on n’y voyait plus : organiser un temps de prière et d’échange par conférence téléphonique le dimanche matin.

En septembre dernier, l’Église de Melle-Celles a fusionné avec celle de Saint-Maixent-Souvigné. Nicolas Geoffroy a désormais la charge de deux grands territoires ruraux du Sud-Deux-Sèvres, d’une bonne demi-douzaine de lieux de culte et d’un grand nombre de personnes âgées et/ou distancées.

Des appels en augmentation

Qui n’a pas le téléphone ? © Élisabeth Renaud

Qui n’a pas le téléphone ? À notre connaissance, personne. Ce mode d’échange a le grand avantage d’être simple, gratuit, et de ne pas exclure ceux qui ne disposent pas d’Internet, de WhatsApp, de Zoom… et autres systèmes sophistiqués de visioconférence.
Rapidement, les paroissiens du bout du fil ont augmenté. Les éloignés sont devenus de vrais « fidèles ». Ce moment d’Église se décline ainsi : accueil, présentations, nouvelles pendant dix minutes – une « causette » très appréciée des isolés – recueil des intentions de prière ;  lecture par le pasteur ou le laïc d’un court passage biblique, petite méditation de 7-8 minutes, prière, et à nouveau, si on le veut, « causette ».

Le discret « bip »

Lorsqu’il a été possible de reprendre le chemin des temples, les habitués du dimanche matin ont ressenti comme un vide : ce moment de partage leur manquait. Il a donc été décidé de le pérenniser, en déplaçant le créneau au samedi en fin d’après-midi.
Nous avons appris à reconnaître les voix des invisibles, sans frustration excessive, à nous écouter et à ne pas nous couper la parole. Et à distinguer le discret « bip » qui signale qu’une personne nouvelle rejoint la conférence. Nous portons dans la prière les personnes endeuillées, malades, mais aussi toutes celles que nous ne pouvons toucher. Nous réfléchissons, au chaud et sans risques, en écoutant les commentaires du texte biblique. Et lorsqu’à 18 heures nous nous disons au revoir, eh bien… nous pensons déjà à la séance de la semaine suivante !

Jocelyne Cathelineau,
Église protestante unie de Melle – Celles – St-Maixent


Mode d’emploi pour organiser une conférence téléphonique

Nous utilisons l’outil OVH Telecom (https://www.ovh.com/conferences/). Ce dispositif permet d’obtenir gratuitement une chambre téléphonique pour 50 personnes, dont on peut obtenir le numéro 24 heures à l’avance (seulement). Du coup, la newsletter hebdomadaire est envoyée le vendredi après 18 heures, de sorte que le numéro est transmis, puis, trois ou quatre paroissiens communiquent le code et cela nous permet de nous retrouver à une quinzaine. Notamment des personnes qui ne peuvent pas se déplacer et qui n’ont pas internet (et qu’en ce moment j’évite un peu de voir). Nous avions mis cela en place pendant le premier confinement à la place des cultes. Puis au deuxième, et là, deux conseillères presbytérales m’ont dit : « Cela permet de joindre des personnes qui ne peuvent plus se déplacer. Gardons cette conférence au-delà des confinements. »

Je crois que cela illustre bien ce qu’est la providence divine. Non pas que Dieu dirige le monde en tout et pour tout, car le mal est aussi à l’œuvre. Mais parfois Dieu reprend la main, et ce qui était un mal (l’épidémie, le confinement) et qui le reste, devient dans ses mains une opportunité de chemin nouveau. Pour nous qui sommes un peu sourds et aveugles aux projets que Dieu a pour nous, il a fallu un deuxième confinement pour comprendre qu’il fallait choisir ce chemin-là !

Je souhaite vivement que tout pasteur soit au courant de cette possibilité !

Pasteur Nicolas Geoffroy,
Église protestante unie de Melle – Celles – St-Maixent