Défendre la dignité humaine

image_pdf

Le 19 octobre, l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) était à Angers pour un rassemblement régional. Un des moments forts a été la conférence de Guy Aurenche*, « Défendre la dignité humaine, un combat universel toujours d’actualité ». Une participante nous en donne les grandes lignes.

Guy Aurenche, le 19 octobre à Angers © Zoltan Zalay

La dignité est un mot qui a à voir avec la valeur d’un être humain et qui appelle l’action. L’universalité n’est pas une globalisation porteuse d’un système uniforme, mais est plutôt interdépendance. Il ne s’agit pas d’être identique, mais en relation.

Les menaces sur la dignité

Nos sociétés sont fascinées par la toute-puissance. Nous ne pouvons qu’en constater les conséquences néfastes : le changement climatique, la montée des populismes qui menace la démocratie, le repli des peuples sur soi (América first, Brexit, crise de l’ONU, etc), les inégalités entre riches et pauvres qui se creusent, les crises migratoires, et puis la peur qui nous habite tous et qui engendre des dérives policières.
Or, au nom de la dignité des personnes, celle des autres comme la mienne, il nous faut apprendre à décider de ne pas faire certaines choses même si on pourrait les faire.
La dignité est avant tout relationnelle. Il faut augmenter les lieux de dialogue et de rencontres. Il n’y a pas d’avenir hors du risque relationnel.

Les droits de l’homme

Face à ces menaces, Guy Aurenche a proposé une boîte à outils, basée sur la dynamique des droits humains et en particulier la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Leur méconnaissance conduit en général à la barbarie.
Ces droits de l’homme sont avant tout des cris : « Plus jamais ça ». Ils sont un idéal à atteindre et chaque époque, chaque culture doivent les adapter à son contexte.
Or la dignité, ça se choisit. Ces droits sont donc à décliner concrètement en droits et devoirs, avec la mise en place d’instances qui vérifient leur application, et la formation d’avocats pour les défendre.
Il faut aussi des lieux pour mettre en œuvre la dignité des personnes, au niveau politique, religieux, économique, associatif…

Des chemins de dignité, sources d’espérance

  • Les prix Nobel du docteur Mukwege et du Programme alimentaire mondial,
  • Le principe de Fraternité validé par la justice française pour ceux qui portent secours aux migrants,
  • Les actions qui visent à rompre l’isolement forcé, comme celles de l’ACAT,
  • Les solidarités qui ont émergé pendant la crise de la Covid-19,
  • Etc.

Il nous faut rester vigilants pour la sauvegarde de l’État de droit, encourager l’éducation des peuples et partager nos souffles.

Françoise Giffard, Église protestante unie d’Angers-Cholet

* Guy Aurenche est avocat honoraire au barreau de Paris, il a présidé le CCFD-Terre solidaire et est président d’honneur de l’ACAT. Il est l’auteur de plusieurs livres dont le dernier « Droits humains : n’oublions pas notre idéal commun ! » aux éditions Temps Présent.