Le pasteur Yves Crespin, un engagement remarquable

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Grâce à un document retrouvé dans les archives de la paroisse de Saint-Brieuc et à l’aide de nombreux témoignages et documents consultés aux archives nationales, Richard Fortat a remis en perspective l’histoire du pasteur Yves Crespin avec ce qui se passait à l’époque sur le plan local et national dans son livre Le pasteur Yves Crespin, un chrétien dans la Résistance paru en juin 2020 aux éditions La Cause1.

Yves Crespin est né dans le Gard en 1906. Il vient de l’Église méthodiste. Sa thèse de théologie qui porte sur l’unité des Églises contient en germes ses engagements futurs : le livre lui accorde à cet égard une place importante. Animé du même élan unitaire, dès sa nomination à Saint-Brieuc en 1937, le pasteur Crespin travaille à l’adhésion à « l’Église Réformée de France ». Ce qui sera fait en juillet 1938.

Un esprit de résistance

Yves Crespin s’impose déjà comme une figure emblématique de Saint-Brieuc. En 1937 des centaines de réfugiés espagnols arrivent dans la ville, entassés dans des camps. Le livre recense les éléments d’archives existants sur l’engagement du pasteur Crespin pour ces réfugiés.
Quelques années plus tard, Yves Crespin s’implique dans la Résistance. Arrêté une première fois en 1941, il est finalement libéré et continue ses activités : il ne manque pas une occasion pour agir suivant sa conscience. L’esprit de résistance du pasteur Crespin est illustré dans différents courriers retrouvés dans son bureau. En particulier, trois lettres importantes sont publiées dans leur intégralité et remises dans leur contexte.
En 1943, son rôle se précise dans l’organisation clandestine de la Résistance. Dans une rafle, de nombreuses personnes de la communauté protestante briochine sont arrêtées et interrogées. Le livre revient sur les circonstances exactes de ce drame.

Une odyssée incroyable

Début 44, Yves Crespin est transféré de la prison de Rennes à Compiègne. Son épouse traverse la France pour le retrouver : c’est la dernière fois que Jeannine voit son mari… Cette odyssée incroyable est racontée en détail.
Après Buchenwald, Yves Crespin est envoyé dans un commando de travail à Dora où il décèdera moins d’un mois plus tard. Le livre fait état de tous les témoignages connus des déportés ayant côtoyé le pasteur dans les camps. On y découvre aussi l’action obstinée du président de l’Église réformée, Marc Boegner, et du vice-président, Maurice Rohr, pour retrouver la trace de leur pasteur. Ses compagnons de lutte et d’infortune sont également mis en valeur : le pasteur Raspail de Saint-Servan, le pasteur Henri Orange de Lisieux, le docteur Erling Hansen, l’abbé Fleury…
Une large place est enfin consacrée à celle du pasteur dans l’œuvre de son ami l’écrivain Louis Guilloux qui en fait un personnage important du roman Le Jeu de Patience, sous le nom du pasteur Briand.

Élisabeth Renaud, rédactrice Le Protestant de l’Ouest

 

1Le pasteur Yves Crespin, un chrétien dans la Résistance, 2020, Éditions La Cause, 193 p., illustré, 13 €.

Un blog complète le livre apportant tous les documents intéressants qui ne pouvaient y figurer.