La vie des noirs compte !

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© RJA1988- Pixabay

Billet d’humeur à propos de Georges Floyd

Il fallait un évènement majeur pour que les médias nous parlent d’autre chose que du coronavirus. Mais qui aurait pensé que cet évènement serait la mort d’un homme, un homme qui n’était pas considéré comme quelqu’un d’important.

Ce n’était pas un homme puissant ou riche. Il était noir. George Floyd a trouvé la mort il y a quelques jours à Minneapolis. Ce n’est pas comme si Floyd était le premier homme noir tué par la police, ni aux États Unis ou ailleurs. Le mouvement Black lives matter (la vie des noirs compte) existe depuis 2013. Mais la cruauté terrible des policiers qui ont probablement provoqué sa mort semble avoir allumé un incendie qu’il sera difficile d’éteindre, donnant à penser que les gens ne sont pas tous égaux devant la loi, que le racisme infecte encore trop souvent la société. La mort de George Floyd a déclenché une vague de rage à travers le monde, qui se transforme maintenant en un cri pour la justice. Une société juste ne peut advenir si la plénitude de la vie n’est pas reconnue à une minorité importante de cette société à cause de sa couleur de peau.

Et l’Église ?

Nous ne sommes pas à l’aise lorsque, en Église, nous nous exprimons sur des questions politiques. Nous devons bien sûr garder nos distances, mais que nous le voulions ou non, nous sommes entrainés dans la controverse, comme le démontrent avec éloquence les photos la semaine dernière du Président américain posant avec une bible à la main devant une église de Washington ! Pour moi, il est crucial que l’Église s’engage dans la lutte pour la justice sociale. Lorsqu’elle ne parvient pas à s’exprimer, cela donne plus de chance au mal de s’épanouir. L’Allemagne dans les années 1930, l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid, montrent que si nous restons silencieux, le mal prospère. Les prophètes de l’Ancien Testament l’ont proclamé (Amos 5.21-24). Sans la pratique de la justice, la louange à Dieu est vaine. Il en est de même quant à la protection de l’environnement. Si nous ne nous engageons pas, ce sont les pauvres qui vont souffrir en premier lieu de la désertification de notre planète et des effets du réchauffement climatique.
En fin de compte c’est une question de justice. Il nous faut nous aligner sur la volonté de Dieu pour que « la justice coule comme un torrent intarissable » (Amos 5. 24). C’est le sens du combat actuel de foules entières contre le racisme.

Rob Gill, Église protestante unie de Saintes-Sud Saintonge