Au pays de Bouddha

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Effigies de Bouddha à Wat Pho © Nicolas Renaud

En cette période un peu particulière où nous sommes (enfin) libres de sortir de chez nous, nous ne pourrons cependant pas aller bien loin. Durant ce mois d’été, la consigne est claire : rester en France. Nous vous proposons donc de vous évader par la lecture, au-delà de notre continent, pour la Thaïlande avec Nicolas, ancien catéchumène de l’Église réformée de Bourges-Vierzon, et son amie Alice. Immersion dans le pays de Bouddha.

Après un vol de dix-sept heures avec la compagnie China Southern et une courte escale dans l’aéroport de Guanzhou, ville chinoise, nous arrivons à Bangkok, capitale cosmopolite de la Thaïlande. Le changement d’ambiance est radical, on passe de la grisaille parisienne au soleil d’Asie du sud-est, avec une température de 35°C et une humidité supportable, car nous sommes en pleine saison sèche !

Des temples et des palais somptueux

Bangkok est une mégapole asiatique de 9 millions d’habitants. Son agglomération en compte 19 millions où se côtoient des quartiers branchés aux multiples gratte-ciels et des maisons traditionnelles avec des dédales de ruelles où la vie bat son plein.
Nous avons choisi un petit hôtel dans le quartier de Thewet, idéalement situé dans Bangkok, au bord du fleuve Chao Phraya. Le transport en commun en bateau, rapide et pas cher, est développé et très utilisé pour se déplacer vers les principaux sites touristiques de la ville. Le prix du billet est le même qu’un ticket de bus. Nous avons pu vérifier le bien-fondé de la réputation de Bangkok sur ses immenses embouteillages. Mieux vaut ne pas être pressé lorsqu’on prend un taxi ou une voiture…

Nous débutons notre séjour par la visite des temples et des palais. Tout d’abord le temple bouddhique, Wat Arun, l’un des édifices parmi les plus emblématiques de Bangkok, avec notamment sa tour blanche de style khmer de 82 mètres.

Puis le Palais royal qui abrite non seulement la résidence royale et la salle du trône, mais aussi un grand nombre de bureaux gouvernementaux et le temple du Bouddha d’émeraude (Wat Phra Kaeo). Le Bouddha d’émeraude est une statue en jadéite vénérée à Bangkok (dans la chapelle royale du Grand Palais). Elle est l’emblème religieux et symbolique de la dynastie Chakri, la dynastie actuellement régnante en Thaïlande. Haute de 76,2 cm, elle possède trois costumes d’or et de pierreries qui sont changés solennellement par le roi lui-même suivant les saisons au cours de cérémonies. Tout autour du Bouddha, au pied de l’autel, s’amoncellent les présents royaux ou populaires. Beaucoup de touristes se pressent pour visiter les lieux sous une chaleur écrasante.

Bouddha sur son lit de mort à Wat Pho © Nicolas Renaud

Notre visite se poursuit à Wat Pho, l’un des plus grands et plus anciens temples bouddhistes de Bangkok. Il abrite une statue représentant Bouddha sur son lit de mort mesurant 43 mètres de long et 15 mètres de haut. Il est recouvert de feuilles d’or et ses pieds sont incrustés de nacre représentant les 108 états de Bouddha. Wat Pho abrite également la plus importante collection d’effigies de Bouddha de Thaïlande.

Une culture empreinte de religion

94.6 % des Thaïlandais sont bouddhistes, 4,6 % musulmans, 0,7 % chrétiens et le reste de diverses religions. La culture de la Thaïlande est profondément imprégnée par le bouddhisme theravāda, la religion officielle. Une grande part des arts, peinture, sculpture, architecture, danse et musique, subit cette influence. Conformément aux enseignements de Bouddha, les moines pratiquent l’ascétisme. Tous les matins, ils vont chercher leur nourriture auprès des habitants et des commerçants vers 6 heures. On observe aussi une grande pérennité des croyances animistes (croyance en un esprit, une force vitale qui anime les êtres vivants, les objets mais aussi les éléments naturels, comme les pierres ou le vent, ainsi qu’en des génies protecteurs).

Pour les gastronomes intrépides il n’y a pas meilleure destination, Bangkok offre une expérience culinaire éclectique ! La cuisine de rue est délicieuse, on a adoré ! Et notamment le Pad Thai, un emblématique plat de nouilles de riz frites aux œufs et aux multiples assaisonnements. Les épices ont la part belle dans la gastronomie thaïlandaise (mais il faut être vigilant et ne pas en abuser haha !) et beaucoup de plats sont agrémentés de curry. Les marchés de rue sont trépidants mais fatigants aussi.

On trouve aussi à Bangkok des restaurants gastronomiques de haut niveau, et des bars panoramiques pour contempler la vue sur la capitale en sirotant un cocktail…

Nous visitons aussi la très belle demeure de Jim Thompson, en plein cœur de Bangkok. Cette propriété luxuriante en teck rougeoyante est l’ancienne demeure d’un fabricant de soie et collectionneur américain. De petits varans dans le jardin peuvent surprendre…

Deux jours à Ayutthay

Temple de la ville d’Ayutthaya : Wat Pha Sri Sanphet © Alice Le Clech

Nous partons pour quelques jours de repos sur la petite île de Koh Ngai (dans la mer d’Andaman, au sud de Koh Lanta). Cette île paradisiaque est encore épargnée par le tourisme de masse. Très tranquille, nous étions quasiment seuls. Les plages de sable blanc, l’eau turquoise, les couchers de soleil sur la plage, nous ont fait rêver… Le snorkeling (exploration subaquatique) avec masque et tuba nous a permis d’observer des poissons multicolores, le kayak de mer de nous rafraîchir et une randonnée dans le cœur de l’île d’admirer de magnifiques paysages. Et notre objectif zéro coup de soleil a été atteint !

Nous avons terminé notre séjour par deux jours à Ayutthaya (au nord de Bangkok). Dans le train « 3e classe » qui nous y amène des vendeurs ambulants défilent et des moines bénissent les voyageurs. Très présents en Thaïlande, les moines ont des places réservées dans les transports en commun notamment. Ancienne capitale du Siam, trente-trois rois différents ont régné sur Ayutthaya. À son apogée, elle fut comparable aux capitales européennes dans sa splendeur et son influence. Ayutthaya a conservé des ruines (375 temples à l’époque !) classées au patrimoine mondial par l’Unesco en 1991.

© Alice Le Clech

Nous visitons des temples et nous nous y rendons à vélo, toujours sous la chaleur. Devant ceux-ci, des vendeurs proposent des mobiles constitués de poissons tressés dans des feuilles de palmier fabriqués par des Thaï musulmans. Une tradition qui vient du temps où les commerçants en épices naviguaient le long du fleuve Chao Phraya, ils étaient suspendus comme porte-bonheur afin de préserver la santé.
L’endroit le plus connu et photographié des touristes est la tête de bouddha enserrée dans les racines d’un vieux banian.

Mais pour nous, il est temps de repartir en France, la tête et nos bagages pleins de souvenirs !

Nicolas Renaud