Les protestants au cinéma*

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Comment les « Protestants » sont-ils montrés au cinéma ? Voici une réponse à travers quelques films. Sans faire appel aux grandes icônes nordiques, Dreyer et Bergman, il ne manque pas de films consacrés au monde protestant. Nous vous en proposons cinq.

Luther

Commençons par les origines avec le Luther d’Éric Till (2003) : on y retrouve tous les éléments marquants de la vie du grand réformateur, depuis le coup de foudre qui a déterminé l’orientation de sa vie jusqu’à l’établissement des grandes règles de la Réforme, en passant par l’affichage de ses célèbres thèses, son excommunication par le pape Léon X en 1521 et les péripéties de sa lutte avec le pontife.

 

 

Passons à la Réforme calviniste, avec La reine Margot (1994) de Patrice Chéreau : nous sommes en 1572. Le protestant Henri de Navarre épouse Marguerite de Valois. Mariage politique et au forceps, qui ne fait qu’attiser les antagonismes, et qui débouche, six jours après, sur le massacre de la Saint- Barthélemy. La première séquence, celle du mariage, est éblouissante

 

 

 

Changeons de siècle, montons au Danemark, dans un village du Jutland, avec Le festin de Babette de Gabriel Axel (1987), d’après une nouvelle de Karen Blixen. Babette, cuisinière renommée du Café anglais, chassée de Paris en 1871, et devenue riche grâce à un coup du sort, consacre cette manne à préparer, pour la communauté luthérienne qui l’a accueillie lors de son exil, un « vrai repas français » dont la consommation — on pourrait dire la célébration — constitue l’apogée de ce film admirable sur la résurgence du passé et sur la grâce.

 

Avançons dans le temps et revenons en France avec Les destinées sentimentales (2000) d’Olivier Assayas, d’après le roman de Jacques Chardonne. Il retrace, pendant la première moitié du XXe siècle, l’histoire d’une riche famille d’industriels protestants de la région de Cognac, les Barnery.

 

 

Pour terminer, faisons un dernier saut temporel avec un film qui illustre un riche moment de l’histoire des protestants français : La colline aux mille enfants (1994). Jean-Louis Lorenzi y raconte l’histoire d’un village à forte majorité protestante, le Chambon-sur- Lignon, dont les habitants, sous l’impulsion de leur pasteur, ont caché de nombreux enfants juifs et les ont ainsi soustraits aux camps d’extermination. Le film est fort, solide, émouvant, et appelle à bien des résonnances et des analogies.

 

 

Jean Lods

* Cet article fait partie du numéro spécial édité par Le Protestant de l’Ouest en 2017, à l’occasion des 500 ans de la Réforme.